De A à E, passage en revue de ces maladies du foie et des armes pour les contrer, avec la Pr Anne-Marie Roque Afonso, responsable d’un des deux centres nationaux de référence.

’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui organise la Journée mondiale de lutte contre les hépatites chaque 28 juillet, a pour objectif que celles-ci ne soient plus un problème de santé publique en 2030. « L’objectif sera retardé à cause du Covid, mais nous sommes sur le chemin », estime la Pr Anne-Marie Roque Afonso, responsable du centre hépato-biliaire de l’hôpital Paul-Brousse, à Paris, un des deux centres nationaux de référence.


L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui organise la Journée mondiale de lutte contre les hépatites chaque 28 juillet, a pour objectif que celles-ci ne soient plus un problème de santé publique en 2030. « L’objectif sera retardé à cause du Covid, mais nous sommes sur le chemin », estime la Pr Anne-Marie Roque Afonso, responsable du centre hépato-biliaire de l’hôpital Paul-Brousse, à Paris, un des deux centres nationaux de référence.

« On peut classer les hépatites par mode de transmission, parce qu’en découlent les modes de prévention. Les A et E sont à transmission entérique (par les selles ou les eaux souillées), les B, C et D par les fluides. »  

image1440x560cropped

Hépatite A

« C’est la maladie des mains sales qui se transmet par ingestion. En France, elle est soit importée par des voyageurs soit par des aliments arrosés avec de l’eau souillée. C’est un virus très résistant. »

Il existe un vaccin, depuis les années 1990, qui n’est pas obligatoire. « Les formes sont d’autant plus sévères que l’on est âgé. Dans les pays riches, on retrouve des formes sévères pouvant mener à des transplantations. Dans les pays en développement, on retrouve souvent le virus chez des enfants, qui font des formes asymptomatiques. » Ce virus n’induit pas de formes chroniques de la maladie.

Hépatite E

« Le réservoir animal est le cochon. En Occident, on contracte le virus en consommant du cochon mal cuit. Attention aux figatelli et aux saucisses de Toulouse. Des sangliers peuvent également contaminer des eaux de surface. »

Les patients immunodéprimés peuvent faire des formes chroniques. Des formes sévères se retrouvent chez la femme enceinte, « surtout au troisième trimestre de grossesse, avec des risques de mortalité maternelle et infantile ». Dans les zones endémiques africaines, le virus se propage par l’eau contaminée par les déjections humaines. « Une calamité des camps de réfugiés. »

Un vaccin est autorisé en Chine. Des données d’efficacité sont attendues en 2022 avant que l’OMS ne le conseille éventuellement dans les zones endémiques.


L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui organise la Journée mondiale de lutte contre les hépatites chaque 28 juillet, a pour objectif que celles-ci ne soient plus un problème de santé publique en 2030. « L’objectif sera retardé à cause du Covid, mais nous sommes sur le chemin », estime la Pr Anne-Marie Roque Afonso, responsable du centre hépato-biliaire de l’hôpital Paul-Brousse, à Paris, un des deux centres nationaux de référence.

« On peut classer les hépatites par mode de transmission, parce qu’en découlent les modes de prévention. Les A et E sont à transmission entérique (par les selles ou les eaux souillées), les B, C et D par les fluides. »  

Hépatite A

« C’est la maladie des mains sales qui se transmet par ingestion. En France, elle est soit importée par des voyageurs soit par des aliments arrosés avec de l’eau souillée. C’est un virus très résistant. »

Il existe un vaccin, depuis les années 1990, qui n’est pas obligatoire. « Les formes sont d’autant plus sévères que l’on est âgé. Dans les pays riches, on retrouve des formes sévères pouvant mener à des transplantations. Dans les pays en développement, on retrouve souvent le virus chez des enfants, qui font des formes asymptomatiques. » Ce virus n’induit pas de formes chroniques de la maladie.

Hépatite E

« Le réservoir animal est le cochon. En Occident, on contracte le virus en consommant du cochon mal cuit. Attention aux figatelli et aux saucisses de Toulouse. Des sangliers peuvent également contaminer des eaux de surface. »

Les patients immunodéprimés peuvent faire des formes chroniques. Des formes sévères se retrouvent chez la femme enceinte, « surtout au troisième trimestre de grossesse, avec des risques de mortalité maternelle et infantile ». Dans les zones endémiques africaines, le virus se propage par l’eau contaminée par les déjections humaines. « Une calamité des camps de réfugiés. »

Un vaccin est autorisé en Chine. Des données d’efficacité sont attendues en 2022 avant que l’OMS ne le conseille éventuellement dans les zones endémiques.

Hépatite B

Environ 500 000 personnes meurent chaque année d’une hépatite virale. La moitié par hépatite B (l’autre moitié pour les C).

L’obligation de la vaccination des nourrissons depuis 2018 améliore la situation vaccinale en France. Les craintes (infondées) d’une induction de maladies neurodégénératives par le vaccin l’avaient fait chuter dramatiquement. « Comme c’est une maladie sexuellement transmissible, on voyait des hépatites fulminantes (qui détruisent le foie) chez les jeunes. »

L’humain étant le seul réservoir, la maladie peut potentiellement être éradiquée. « Il est essentiel de vacciner les enfants. Quand le virus est acquis avant 5 ans, il y a un risque d’affection chronique plus important. Et l’affection chronique peut amener à la cirrhose ou au cancer du foie. »

Des traitements « suspensifs » (comme pour le VIH) permettent d’empêcher la multiplication du virus, qui reste à l’état latent dans les cellules du foie. « De nombreux médicaments en essais préliminaires essaient de viser cette forme latente. »

Hépatite D

« C’est vraiment une saleté. Le virus de l’hépatite D augmente le risque de forme grave de l’hépatite B. Avec risque d’hépatite fulminante ou de coma ». Seul, il augmente le risque de cancer et cirrhose. Il est endémique en Afrique et surtout présent en France dans les populations immigrées. Un médicament (Myrcludex), associé à l’interféron, est autorisé depuis 2021.

Hépatite C

« Jusqu’en 2015, elle était la première cause de transplantation hépatique. Mais elle est presque devenue une maladie du passé, avec les nouveaux traitements qui la guérissent à 99 %. » La transmission est essentiellement sanguine. Seringues souillées ou tout geste mettant en contact avec le sang. « On peut regretter que les tests rapides ne soient pas remboursés et que l’accès aux seringues ne soit pas plus simple en France. »

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *